Penser, discuter, modifier, amender, jour 4

Tor Tjeransen / Adventist Media Exhcange

Après 3 journées intenses de sessions administratives et de moments spirituels, il est clair qu’une bonne partie des délégués a ressenti le besoin de prendre un peu d’air et d’abandonner, parfois pendant quelques heures, son siège de délégué. Pourtant, cette quatrième et dernière journée de session administrative n’a pas été sans intérêt. Il est vrai que la Conférence Générale est une grosse machine difficile à faire bouger et que les procédures de prise de parole ou de modification d’un texte sont loin des modèles familiaux ou décontractés que nous adoptons dans nos réunions.

Ici, tout se négocie selon un ordre défini et un vocabulaire codifié plutôt complexe. Mais après 3 jours d’entrainement, certains délégués ont trouvé leurs marques et se sont montrés plutôt à l’aise dans leur prise de parole et dans les propositions qu’ils ont avancées. Ce qui n’a pas été sans quelques frustrations pour les responsables de la Conférence Générale… En effet, les textes sur lesquels les délégués doivent se prononcer ont été pensés, rédigés, discutés, modifiés, amendés par différentes commissions ou comités depuis plusieurs mois voire années. Il est donc parfois frustrant de voir certains délégués débarquer du bout du monde, donner leur avis et suggérer des modifications qui ont souvent déjà été l’objet de discussions précédentes. Mais inversément, c’est tout aussi frustrant pour les délégués de devoir valider aveuglément des textes rédigés en amont sans pouvoir apporter des modifications qu’ils trouvent importantes.

Tout se négocie donc par un subtil mélange de propositions, d’amendements et de suggestions où le président de séance est souvent le tireur de ficelles, et le temps l’ennemi des deux parties.

Pendant cette quatrième journée, deux déclarations ont particulièrement consommé une bonne partie du capital chrono : une déclaration sur la Bible et une autre sur les écrits d’Ellen White. Là aussi, quelques remarques pertinentes de la part des délégués sont à souligner. Tout d’abord, une nette différence dans la façon dont le texte biblique est appréhendé. Car si tous les délégués reconnaissent l’autorité de la Bible, son extraordinaire capacité d’inspiration et la description des principes divins, ils ne sont toutefois pas toujours sur la même longueur d’onde lorsqu’il s’agit de traduire ces principes en actions concrètes. De même pour les écrits d’Ellen White qui, selon certains délégués, courent le risque d’être placés au-dessus de la Bible ou deviennent la seule source d’interprétation biblique, prenant par là-même une dimension idolâtre contre laquelle Ellen White elle-même avait mis en garde.

Vivre quelques jours au cœur de cette diversité d’approches et de sensibilités est donc une expérience unique et enrichissante. Reste maintenant à profiter de cette vision globale pour mieux comprendre et soutenir notre Fédération qui elle aussi, ressemble parfois à une mini Conférence Générale…

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